THEME : RUPTURES ET CONTINUITE
PEUT-ON
PREVOIR LES CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES DE L’ACCROISSEMENT DES
INEGALITES ?
ASTRID B. - CLAUDIA C. 1°ES4 2005-2006
Introduction
I.- Inégalités et cohésion sociale
II. – Inégalités et croissance
Conclusion
D’après le magazine Alternatives économiques (n°244), 2006
serait annoncée comme l’année de l’égalité des chances. En réalité, on sait que
les inégalités sociales ont tendance à augmenter dans nos sociétés depuis des
années. Le décalage entre les discours du gouvernement et la réalité sociale
entraînerait donc un ressentiment des classes moyennes et populaires. Les
inégalités sont en fait, une différence qui engendre un écart mesurable en
termes de niveau de vie ou de qualité de vie entre individus ou entre groupes
sociaux.
Les inégalités peuvent être économiques (revenus,
patrimoine), sociales (chômage, soins, espérance de vie...) ou culturelles
(scolarisation, lecture, loisirs...). Dans un système social comme le nôtre, où
les facteurs économiques jouent un rôle important, les inégalités sont le plus
souvent cumulatives : une inégalité initiale de revenu engendre d'autres
inégalités en cascade par exemple sur la qualité de logement, le niveau de
formation des enfants, ou les recours aux soins, etc.
Pour mesurer l'inégalité
des revenus au niveau d'un pays et faire des comparaisons plus exactes entre
pays, les économistes ont recours à la courbe de Lorenz et au coefficient de
Gini. La courbe de Lorenz est une représentation graphique des pourcentages
cumulés du revenu total revenant aux différents pourcentages cumulés du nombre
des bénéficiaires, les individus ou ménages les plus pauvres étant pris en
premier.
On commence tout d'abord par
classer tous les individus ou ménages d'un pays donné en fonction de leur
niveau de revenus, des plus pauvres aux plus riches. Ces individus ou ménages
sont alors répartis en cinq groupes (représentant 20 % chacun) ou en dix
groupes (de 10 %), et le revenu de chaque groupe est calculé et exprimé en
pourcentage du PIB. Dans un deuxième temps, on trace les points correspondant
aux pourcentages cumulés du PIB reçus par ces groupes — autrement dit, ils
inscrivent la part de revenu du quintile le plus pauvre par rapport au point
correspondant à 20 % de la population, puis celle du quintile suivant (le
quatrième) par rapport à 40 %, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'ils aient tracé
la part globale des cinq quintiles pris dans leur ensemble (ce qui correspond à
100 %) par rapport à 100 % de la population. Une fois reliés tous les points
figurant sur le graphique, en commençant par 0 % de revenu pour 0 % de la
population, on obtient la courbe de Lorenz pour le pays en question. Plus la
courbe de Lorenz pour un pays donné est incurvée, plus la répartition des
revenus dans ce pays est inégale. À titre de comparaison, considérez la « ligne
d'égalité parfaite », sur la figure.
Plus la courbe de Lorenz pour
un pays donné est incurvée, plus la répartition des revenus dans ce pays est
inégale. À titre de comparaison, considérez la « ligne d'égalité parfaite »,
sur la figure.
Selon ce profil de répartition
du revenu, 20 % de la population recevraient exactement 20 % du revenu, les 40
% suivants en recevraient 40 %, et ainsi de suite. La courbe de Lorenz
correspondante prendrait par conséquent la forme d'une ligne droite allant du
coin inférieur gauche du graphique (x = 0 %, y = 0 %) au coin supérieur droit
(x = 100 %, y = 100 %). Comme le montre la figure, la courbe de Lorenz pour le
Brésil s'écarte bien plus que celle de
Ensuite, nous allons pouvoir
faire ce rapprochement entre inégalités et conséquences grâce à des outils
mathématiques tels que le R2 qui est le coefficient de régression linéaire de
la droite que l’on fait apparaître à partir des nuages de points. Pour pouvoir
faire des prévisions celui-ci doit être au moins égal à 0.75. Cependant il peut
aussi nous permettre de noté un lien si il est supérieur au hasard.
Tout au long de ce TPE nous
allons nous interroger sur les conséquences économiques et sociales de
l’accroissement des inégalités. Nous nous intéresserons tout d’abord aux
conséquences sociales de l’accroissement des inégalités, à travers la violence
et la participation électorale, puis aux conséquences économiques en étudiant
leur répercussion sur le PIB.
I/ LES INEGALITES ONT-ELLES UN IMPACT SUR
Nous allons, dans un premier
temps nous interroger sur la relation entre inégalités et cohésion sociale. Le
concept de cohésion sociale se construit sur des
valeurs partagées et un discours commun à tous les membres d’une société ainsi
que sur la réduction des écarts de richesse et de revenu. De façon générale,
les individus doivent avoir l’impression qu’ils participent à une entreprise
commune, qu’ils ont les mêmes défis à relever et qu’ils font partie de la même
collectivité. Il s’agit donc de limiter les conflits entre les membres d’une même
société grâce à la socialisation des individus.
A)
INEGALITES ET VIOLENCE
Dès le XVIe siècle, des auteurs en Europe se sont posé la question de le relation entre inégalités sociales et violence. Ainsi, Montaigne, dans l’un de ses essais, Des Cannibales, va évoquer ce problème à travers le discours d’Indiens visitant la France. L’un d’eux fera remarquer : « qu’ils avaient aperçu qu’il y avait parmis nous des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses pouvaient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons. »
Cette question est toujours d’actualité et a été de nouveau soulevée cette année suite aux événements qui se sont déroulés en banlieue récemment.
Mais existe-il une réelle relation entre les inégalités sociales et la criminalité ?
Nous allons tout
d’abord évoquer les différents phénomènes de société pouvant être cause de
violence. Pour tenter ensuite de répondre à cette question nous allons utiliser
les études de Fajnzylber, Lederman et Loayza (2001-2002) réalisées sur une
période entre 1965 et 1994.
Nous établirons enfin nos propres statistiques en mettant en relation le taux homicides et d’inégalités dans certains pays du monde. Pour mesurer les inégalités, nous allons utiliser le coefficient Gini.
a) Les inégalités ont des conséquences sur le
niveau de violence d’un pays.
1- L’étude de Fajnzylber, Lederman, et Loayza.
Fajnzylber,
Lederman et Loaysa ont réalisés une étude sur une période entre 1965 et 1994
pour vérifier l’existence de relations entre le taux d’inégalité d’un pays et
le nombre d’homicides que l’on y commet. Ils ont pris pour échantillon des pays
de l’Afrique subsaharienne, de l’Asie du Sud-est, de l’Europe de l’Est, de
l’Amérique latine et de l’OCDE.
L'OCDE est une organisation regroupant 30 pays membres
parmis lesquels l’Allemagne, le Canada, l’ Autriche, la Finlande, la France,
les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni ou encore la Suède.
En observant le graphique illustrant leurs résultats, on
peut constater qu’ils obtiennent une droite de régression linéaire croissante. Cela
signifie que, d’après leurs études, lorsque le taux d’inégalité, calculé par le
coefficient Gini, augmente, que le revenu par habitant croît peu (et qu’ainsi
la pauvreté tend à augmenter) les homicides sont de plus en plus nombreux.
Il est donc possible selon eux de prévoir les conséquences de l’augmentation du taux d’inégalité sur la proportion de violence d’une société.
On pourrait dès lors penser de manière simple que « l’inégalité des richesses et des revenus incite les pauvres à s’engager dans le crime… ». Cette idée est parfois reprise par des hommes qui considèrent les plus pauvres comme la « nouvelle classe dangereuse ». Mais l’étude de Fajnzylber, Lederman, et Loayza nous fait tendre à penser que c’est l’accroissement des inégalités et non pas de la pauvreté qui a une incidence sur le nombre d’homicides commis dans un pays.
2- Etude statistique concernant la relation entre inégalité et violence.
Nous avons mené notre propre étude statistique pour vérifier si il existait un lien entre le taux de violence dans un pays et son taux d’inégalités. Nous pouvons découvrir ce graphique sur le CD annexe (tableau1.xls)
Nous avons considéré un échantillon de 66 pays d’Europe, d’Amérique du sud, d’Asie et d’Amérique du nord. Nous avons utilisé comme variable en abscisse les coefficients Gini de ces pays en 2004, avec pour source la CIA world factbook, et en ordonnée le nombre d’homicides pour 100000 habitants en 1996, d’après les chiffre de l’ONU (Organisation des Nations Unies).
Nous avons mener cette étude statistique en deux étapes. Nous avons tout d’abord obtenu un « nuage de points » puis établi une droite de corrélation. Cette droite nous a, dans un premier temps, permis de savoir si la relation entre ces deux variables était positive ou négative, puis nous avons pu savoir à quel point cette relation était fiable grâce au coefficient de détermination R2. Ainsi nous avons constater que la droite obtenue est croissante, l’augmentation du coefficient Gini entraîne une augmentation du nombre d’homicides, l’accroissement des inégalités semble donc entraîner une amplification de la violence. Mais le coefficient R2 était tout de même faible (égal à 0,1846), nous avons donc voulu, dans un deuxième temps, tester cette relation avec un nombre d’homicides choisi au hasard. On s’aperçoit ainsi que, même si on test 100 fois la relation entre le Gini et cette variable due au hasard, le R2 obtenu est très souvent inférieur à celui correspondant aux statistiques menées avec les variables réelles.
L’accroissement des inégalités a donc bien une incidence sur l’augmentation de la violence. En effet, les inégalités entraînent toujours des relations de pouvoir entre les membres d’une société, ceux qui ont les revenus les plus élevés peuvent obtenir le travail des individus moins favorisés en échange d’une plus faible quantité de travail. Les relations de domination entraînent donc souvent des conflits qui permettent de changer les rapports de force.
Le contexte social influence donc les comportements violents. Mais ce n’est pas réellement le niveau de pauvreté qui crée de la violence, mais surtout l’impression de profonde injustice, d’une exclusion sociale irrémédiable, sans recours possible à un Etat. A l’inverse, les efforts en terme d’éducation par exemple permettre d’agir de façon concrète en faveur d’une diminution de la violence, permettant une intégration plus forte et limitant la marginalisation.
Les classes sociales les plus démunies ne sont donc pas en elles-mêmes « des classes dangereuses », mais le fait de mener des politiques économiques d’exclusion peuvent la rendre ainsi. On peut au contraire penser qu’une politique de dépenses sociales (éducation, santé, allocations...) permettrait de favoriser la mobilité sociale et serait ainsi un facteur d’intégration qui pourrait freiner l’augmentation du taux de violence dans nos sociétés actuelles
a) Mais il existe d’autres facteurs qui permettent d’expliquer le taux élevé de violence dans certains pays du monde .
D’après un rapport mondial sur la violence et la santé rendu par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 2002, la violence fait chaque année plus de 1,6 million de morts dans le monde. Elle fait partie des principales causes de décès chez les 15-44 ans (14 % des décès chez les hommes et de 7 % chez les femmes). On y apprend aussi qu’ au cours d’une journée, 1424 personnes en moyenne sont victimes d’un homicide, ce qui fait environ un mort par minute, de plus, les conflits armés font environ 35 morts par heure. Il s’agit donc d’un problème capital de nos sociétés actuelles.
De nombreux facteurs peuvent être à l’origine d’un niveau élevé de violence.
En effet, une justice inefficace, un système judiciaire mal organisé peut favoriser la violence. L’idée de pouvoir commettre des délits sans être puni d’une manière ou d’une autre peut favoriser la violence dans un pays. Les habitants étant moins inquiets des risques encourus par l’adoption d’un comportement illégal, il sont plus a même d’opter pour ces derniers. Cela entraînerait donc une hausse de la violence car les gains obtenus par ces comportements seraient bien supérieur aux pertes. On peut penser que le résultat serait assez similaire en ce qui concerne des effectifs de police inefficaces ou insuffisants. En Colombie, par exemple, la probabilité d’être accusé d’homicide est passée de 48% en 1980 à 17% en 1992 ; on peut trouver ici un facteur du taux d’homicides très important dans ce pays.
De même, la présence de trafics de drogue, de guérilla ou de forces armées dans un pays sont aussi des facteurs de violence et de criminalité. On peut prendre l’exemple de pays sud-américains comme la Colombie où l’on considère les trafics de drogue et d’armes comme une des principale cause du taux élevé de violence que l’on y trouve. On peut d’ailleurs remarquer que sur notre graphique, la Colombie possède un nombre très élevé d’homicides pour 10000 habitants que l’on peut en parti expliquer par ces trafics.
On peut aussi
évoquer le taux important de criminalité qu’entraînent la présence de gangs,
par exemple dans certaines villes américaines comme Los Angeles où l’on compte
environ 400 gangs en 2003 (d’après le département de police de Los Angeles). De plus, la vente libre d’armes à feu
augmente encore la violence.
Bien qu’elles aient un impact réel sur le niveau de violence d’un pays, les inégalités ne sont pas le seul facteur qui y contribue. En effet, certains phénomènes comme les trafics de drogue ou d’armes dans des sociétés ainsi que le contexte politique contribuent à l’accroître la violence. Les relations entre inégalité et violence sont donc bien réelles, et bien que l’on ne puisse pas prévoir le niveau de violence dans un pays seulement grâce à son taux d’inégalité, il est vrai que l’on peut dégager une vraie tendance, d’après nos statistiques, qui conduit à penser que ces deux facteurs sont très liés.
Comme la violence, la
participation électorale est un témoin de la cohésion sociale existant dans une
société.
L'abstentionnisme a joué un rôle important en France
dans le scrutin des dernières élections présidentielles de 2002. En
effet, au premier tour, sur 41 194 689 inscrits, seuls 29 495 733 sont
allés voter, ce qui fait près de 30% d'abstention. Au second tour, le taux
d'abstention était passé à 20.29 % des inscrits, celui des votes blancs et nuls
et à 4.30 % des inscrits, 5.39 % des votants.
a) Etude
statistique concernant la relation entre inégalités et violence
En se dirigeant vers l'étude
statistique qui se trouve sur le CD annexe (tableau2.xls) nous découvrons deux graphiques.
Pour le premier graphique, les
statistiques ont été faites à partir du site Internet de la CIA (Central
Intelligence Agency : qui est l'agence fédérale d'information des États-Unis
d'Amérique sur l'étranger, (fondée en 1947). Elle est chargée de fournir et
d'analyser des informations sur les gouvernements, les entreprises et les
individus de tous les pays du monde pour le compte du gouvernement américain. [http://www.cia.gov/cia/publications/factbook/fields/2172.html7]
) pour le coefficient Gini de chaque pays et à partir du site de l'IDEA
(International Institute for Democracy and Electoral Assistance: Créé en
L'échantillon
étudié est composé de 104 pays des différents continents: Afrique (Algérie,
Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Kenya, Sierra Leone, Tunisie...), Europe (France,
Autriche, Grèce, Ukraine, Belgique...), Amérique (États-Unis, Canada,
Guatemala, Mexique, Panama, Chili, Pérou...), Océanie (Australie,
Indonésie,...) et Asie (Inde, Kazakhstan, Corée du sud, Thaïlande...). Les pays
qui avaient un taux supérieur à 90% n'ont pas été pris en compte par crainte
qu'ils ne soient du à des fraudes.
On a mis en relation le dernier taux connu de
participation aux élections parlementaires en ordonnée et le coefficient GINI
en abscisse. Le taux de participation représente le niveau de cohésion sociale
puisque la participation est l'implication des individus dans la prise de
décisions sur les questions d’intérêts collectifs tandis que le coefficient
GINI est un chiffre entre zéro (0,0 = inégalité minimale) et un (1,0 =
inégalité maximale) qui mesure le degré d'inégalité dans la distribution des
revenus dans une société donnée.
Le second graphique a été fait
avec les données du coefficient GINI et des nombres pris complètement au
hasard, pour les faire défiler il suffit sélectionner une case vide (E1 ou E3
par exemple) et appuyer sur la touche "Suppr".
Alors qu'on pourrait penser que
plus les inégalités sont fortes plus les gens seraient poussés à voter pour
changer leur situation, on observe en fait sur ce premier graphique que plus
les inégalités sont importantes moins il y a de participation aux élections.
Bien que la tendance ne soit pas très prononcée car le R2, l'outil qui nous
permet de voir s'il existe une relation entre les inégalités et la
participation, est assez faible ; il reste que sur 100 fois le R2 du second
graphique, celui avec des données au hasard, n'est jamais plus de 5 fois
supérieur à celui du premier graphique.
b)
Comment expliquer les résultats
de ces statistiques ?
Etant donné ces résultats et le
fait que l'abstentionnisme est le comportement politique, de celui qui refuse
de participer à une consultation électorale, alors qu'il dispose du droit de
vote, il témoigne bien du manque de cohésion sociale dans une société.
Comment peut-on expliquer cette
relation et dans quelles mesures les inégalités ont-elles un impact sur la
cohésion sociale ?
Les inégalités désignent une
différence qui engendre un écart mesurable en termes de niveau de vie ou de
qualité de vie entre individus ou entre groupes sociaux. Les inégalités peuvent
être économiques (revenus, patrimoine), sociales (chômage, soins, espérance de
vie...) ou culturelles (scolarisation, lecture, loisirs...). Dans un système
social comme le nôtre, où les facteurs économiques jouent un rôle important,
les inégalités sont le plus souvent cumulatives : une inégalité initiale de
revenu engendre d'autres inégalités en cascade : qualité de logement, niveau de
formation des enfants, etc. A partir de là, on peut dire que les inégalités
sont facteurs d’exclusion et se tisse alors une relation exclusion-abstention.
Dans un article du 17 mars 2004 dans Libération sur les régionales 2004, Didier
Hassoux expose le classement des abstentionnistes fait par Anne Jadot,
chercheuse en sciences politiques et il s’en dégage qu’il y a de réels «exclus
du vote». En effet, c’est ainsi qu’elle les qualifie car ils sont
généralement aussi exclus socialement à cause d’inégalités de revenu ou
de logement…Ces abstentionnistes représentaient un peu plus de 10 % des inscrits
sur les quatre tours de scrutin de 2002. Ils ne manifestent pas d'intérêt pour
la politique et pour cela ils ressemblent beaucoup aux 10 % de
non-inscrits car ils se sont mis, ou ont été placés «hors du jeu électoral».
Ces « permanents » de l’abstentionnisme sont donc souvent des chômeurs,
des jeunes, des habitants de quartiers déshérités…qui se sentent rejetés par la
société active.
Stéphane Rozès, directeur
général adjoint de CSA-TMO, maître de conférences à Sciences Po, explique, dans
une interview sur les inégalités et l’abstention de la rubrique politique de
L’Humanité, qu’il y a une corrélation entre la peur de l’exclusion et les
intentions de participation au vote. Il remarque que plus la peur de
l’exclusion est grande, plus la probabilité d’abstention l’est aussi. 59 % des
femmes en ont peur pour elles-mêmes, et 38 % envisagent l’abstention. C’est
aussi vrai pour les jeunes : respectivement 59 % et 37 % pour les 18-21 ans ;
63 % et 38 % pour les 21-24 ans ; 65 % et 38 % pour les 25-34 ans. Comme pour les
employés (56 % et 37 %) et plus encore pour les ouvriers (66 % et 40 %. Mais
aussi selon le niveau de diplôme. Lui aussi relève le paradoxe apparent que ces
catégories sentent leurs problèmes ignorés par le débat électoral alors que
leurs appréhensions restent fortes, ce qui les encourage plus à se retirer du
" jeu " électoral plutôt qu’à peser aussi par leur vote.
Les inégalités de formation des
enfants sont aussi mises en cause puisque les citoyens doivent être assez
éduqués face à la complexité des rouages de l’Etat et de l’engagement
politique. C’est pourquoi un message politique qui apparaît compréhensible pour
une élite, qui en comprend les défenseurs et les conséquences, ne reçoit pas
toujours l’adhésion du plus grands nombres. L’éducation civique ne
peut-être que survolée par les professeurs en collège n’ayant pas d’heure
réservée à cette discipline. Or cette discipline n’est réellement abordée qu’ à
l’examen de brevet et au programme du lycée ( bien que non évaluée au Bac) ce
qui est un niveau scolaire qui se limite à une partie de la population.
Le problème
majeur d'un fort taux d'abstention est que cela provoque une crise de la
représentativité et donc cela remet en cause la légitimité du pouvoir. En
effet, la légitimité est la qualité d'une autorité qui reçoit le consentement
des membres du groupe de ce fait s'il y a un fort taux d'abstention on peut se
questionner sur la légitimité des dirigeants en place, ce qui fragile le
démocratie.
A ce moment là, l'abstention peut être perçu comme la manifestation du souhait des citoyens de voir se renouveler l'offre politique. Cela signifie qu'il y a d'autres facteurs qui ont un lien avec le manque de participation:si l'électeur veut sanctionner les dirigeants en place ou les responsables politiques en général en montrant son désintérêt de la vie politique, si l'électeur décide de ne pas participer à une élection qu'il juge injuste ou encore si l'électeur ne veut pas légitimer un système politique qu'il refuse notamment les organisations anarchistes et communistes révolutionnaires appellent souvent à l'abstention...
Les inégalités ont donc bien un impact mesurable sur la cohésion sociale d’un pays. En effet, bien que les coefficients R2 de nos statistiques ne soient jamais trés élevés, il s’en dégage tout de même une tendance qui nous laisse penser que ces deux données sont liées l’une à l’autre. Il serait donc possible de vérifier l’impact d’une réduction des inégalités sur la cohésion sociale d’une société.
II/ LE NIVEAU D’INEGALITES
D’UN PAYS A-T-IL UN IMPACT SUR SA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
Les inégalités ont donc une répercussion sur la cohésion sociale mais qu’en est-il au niveau de la croissance ?
A) ETUDE STATISTIQUE CONCERNANT LA RELATION ENTRE INEGALITES ET CROISSANCE
Nous nous orientons
vers les statistiques que nous avons faites à partir des données de
Elles ont été faites à l’aide de 106 pays de tous les continents, avec en ordonnées leur PIB et en abscisse leur coefficient GINI.
Nous avons d’abord utilisé le même
outil statistique que les deux premières parties et nous avons trouvé une
droite avec un R2 quasi-nul. Nous avons donc décidé d’utiliser la moyenne
mobile qui est un procédé mathématique utilisé en économie et en statistiques
pour lisser la courbe d'un événement ou d'un phénomène et en faire apparaître
la tendance générale.
[+ définition ].
Nous avons donc
fait la moyenne mobile sur 10 pays et c’est ainsi que nous avons pu nous
apercevoir qu’il existe une légère phase croissante de 20 à 45 environ et une
phase décroissante de 45 à 60. C’est pour cela que nous avons décidé de diviser
la série statistique en deux graphiques. Un va de 20 à 40 en abscisse et
l’autre de 40 à 65.
Le graphique allant de 20 à 40
montre une droite croissante avec un R2 de 0.1231. Ce R2 relativement faible ne
nous permet pas de faire de réelles prévisions puisque pour avoir des
prévisions fiables il faut avoir un R2 au moins supérieur à 0.75; cependant on
peut dire qu'il existe une relation entre les abscisses et les ordonnées
puisque 12% des ordonnées s'explique par les abscisses. Parallèlement on a une
droite faite à partir de nombres au hasard que l'on peut faire défiler en
sélectionnant une case soit E1 soit E4... Et on peut remarquer que sur 15 fois
on ne retrouve pas plus de 5 fois un R2 supérieur. Ce qui laisse bien entendre
qu'il y a une relation entre les x et les y.
Le graphique partant de 40 jusqu'à
60 dessine une droite décroissante au R2 de 0.1468. Cela signifie 14% des
ordonnées s'explique par les abscisses. De même que pour le premier graphique
on ne peut pas faire de prévisions mais on note un lien entre ces deux
paramètres.
De la même façon encore on a mis en
parallèle les chiffres du hasard et nous en tirons les mêmes constatations.
On se rend bien compte que les
légères tendances croissante et décroissante sont vérifiées. Mais qu’est-ce qui
dans les faits peut les expliquer ?
La phase croissante de la courbe
correspond à des inégalités stimulantes pour la croissance. En effet ;
elles peuvent avoir un rôle incitant car elles proviennent des inégalités de salaires crées par les libéraux, qui font dépendre le salaire de la productivité du travailleur. De
ce fait, plus la productivité du travail est importante, plus la rémunération
du travailleur doit être élevée. Et donc, cela engendre une inégalité entre les
salariés puisque tous les travailleurs n’ont pas le même niveau de productivité
(tout dépend de la qualification et du capital dont il dispose). Et ces
inégalités ont donc un rôle moteur car ce mode de rémunération pousse les
individus à travailler plus (donc à produire plus) et à mieux travailler (élever le
niveau de productivité), ce qui est source de croissance. De plus, les faibles
coûts salariaux comportent de nombreux avantages pour la croissance car ils entraînent une meilleure
rentabilité qui amène plus d’investissements (mesure de la rentabilité) ce qui
se répercute sur la croissance. Dans le même sens, une baisse des coûts
salariaux conduit à une baisse des coûts unitaires donc à une amélioration de
la compétitivité ce qui est là encore favorable à la croissance. Enfin, pour
les libéraux, l’abaissement des coûts salariaux doit permettre le retour à
l’équilibre et donc à l’emploi de toute la population active c’est-à-dire au
plein emploi.
Ensuite, « l’égalitarisme »,
autrement dit la politique qui vise à instaurer une égalité réelle entre les
individus grâce à un revenu unique pour tout le monde (même taux de salaire
horaire pour tous) est tout simplement inefficace. L’égalitarisme mène au
gaspillage de certaines compétences rares. Vu que le coût de ces compétences
est important cela implique que les
employeurs les utilisent de manière optimale. De plus, l’efficacité des
travailleurs est encore plus grande lorsque les salaires sont liés aux efforts
des travailleurs.
Enfin, selon les économistes de l’offre comme
Laffer, les politiques publiques qui visent à prélever (sous forme d’impôts ou
de cotisations) pour ensuite les redistribuer afin d’égaliser les conditions
sociales ont tendance à freiner l’esprit d’entreprendre ce qui a un effet
négatif sur la croissance. On peut prendre alors comme exemple le cas des pays
socialistes, où le maintien d’un niveau d’inégalité délibérément réduit (avec
une absence de bénéfices privés et des
écarts minimes entre les traitements et les salaires) a privé les individus à
prendre part activement à la vie économique, en ne stimulant pas l’assiduité au
travail ni l’esprit d’entreprise. L’égalisation des revenus instituées par le
système socialiste a eu aussi pour conséquences, un manque de discipline et
d’initiative de la part de la main d’œuvre, un choix limité et de faible
qualité des biens et services, une lenteur des progrès techniques et, en fin de
compte, un surcroît de pauvreté à cause d’une croissance économique moins
soutenue.
Pour finir, Albert Gorz a mis
en évidence une dynamique de consommation qui explique le fait que les individus
vont utiliser leur consommation (de biens et de services) comme moyen
d’indiquer aux autres leur place dans la hiérarchie sociale (due aux diplômes,
aux revenus). C’est un mécanisme qui est entièrement fondé sur les inégalités
sociales puisqu’il repose sur la logique sociale de la distinction. Cette
distinction est d’abord mise en place à travers les biens nouveaux, accessibles
aux classes sociales les plus favorisées. A côté de cette logique de
distinction s’installe une logique d’imitation d’abord mise en œuvre par les
classes moyennes puis par les classes populaires. Au fur et à mesure qu’un bien
se diffuse, il devient commun. Il ne permet donc plus de marquer l’importance
de son statut social. Il faut ainsi se reporter vers de nouveaux biens ou de
nouveaux services pour réactiver cette dimension symbolique.
De même la phase décroissante s’explique par des inégalités qui ont tendance à freiner la croissance. Tout d’abord, une société solidaire et peu inégalitaire est une société qui peut produire de l’efficacité et de la croissance. Par exemple, la France des 30 Glorieuses et sa mise en place d’un Pacte Social qui a entraîné la création d’institutions, de règles sociales comme la Sécurité Sociale, les conventions collectives, et le SMIG en 1950, va être un élément important de la cohésion sociale. Mais il va être également un élément important dans le fonctionnement de la croissance Fordiste.
De plus, des
inégalités excessives ont un effet négatif sur la qualité de la vie des
individus. L'incidence de la pauvreté s'en trouve accrue, ce qui entrave les
progrès en matière de santé et d'éducation et contribue à la criminalité. Elles représentent un réel coût
économique et social (avec des coûts sociaux comme ceux liés à l’exclusion
sociale, au chômage ou encore au développement des quartiers déshérités).
Puis on a vu précédemment que les inégalités entraînent de la délinquance, de la criminalité ce qui forcément freine la croissance. Des richesses sont détournées car au lieu de servir à réduire les inégalités, elles servent à lutter contre la délinquance et la criminalité. Et s’il y a de la criminalité mais aussi du détournement de fonds et de la corruption… cela ne peut que nuire au climat d’entreprendre freinant ainsi la croissance. De plus, on sait que la corruption financière est un obstacle à la croissance économique comme par exemple la mafia qui s’est développé après la chute du communisme en Russie. Ensuite, de trop fortes inégalités sont une menace pour la stabilité politique d'un pays, car un plus grand nombre d'individus est mécontent de leur situation économique et il est plus difficile, à partir de là, de forger un accord politique entre les groupes de population aux revenus plus élevés et moins élevés. L'instabilité politique augmente les risques pour les investissements d’autres pays dans un pays, et donc la capacité de développement s'en trouve amoindri. Si on prend l’exemple des réformes agraires au sein des pays du Tiers Monde on trouve qu’en réduisant les inégalités liées à la détention d’une grande partie des terres par une poignée de propriétaires, les pays comme la Corée du Sud ont assuré leur développement. A l’inverse, le développement de certains pays n’est pas assurés car les inégalités sont trop fortes. Elles ont même entraîné des crises révolutionnaires et des situations politiques instables. Les inégalités freinent aussi la croissance car lorsque les inégalités de revenus sont prononcées, le jeu d'importantes forces du marché (fluctuations des prix, amendes, etc.) s’en trouve limité. Par exemple, une augmentation des tarifs d'électricité et d'eau chaude peut promouvoir le rendement énergétique, mais dans un contexte de graves inégalités, l'instauration de tarifs même légèrement plus élevés par les autorités risque de plonger les populations les plus pauvres dans une situation d'extrême dénuement.
Et de fortes inégalités peuvent aussi dissuader les agents économiques (individus ou entreprises) de respecter certaines règles de conduite fondamentales, telles que celles inspirées par la confiance et le sens des obligations. L'accroissement des risques commerciaux et des coûts d'exécution des contrats a pour effet de ralentir l'activité économique, freinant encore la croissance.
C'est pour ces
raisons, entre autres, que certains experts internationaux recommandent une
diminution des inégalités de revenus dans les pays en développement, voyant là
un moyen de favoriser un développement économique et humain plus soutenu.
Il y a donc dans la réalité des
faits qui prouve que les inégalités ont des répercutions sur la croissance. Et
même si l’on ne peut pas réellement prévoir les conséquences des inégalités sur
la croissance le débat reste avant tout une question politique. Est-il possible
de concilier une « bonne dose d’inégalité » (inégalités stimulantes)
qui favorisent la croissance et en même temps une « bonne dose de justice
sociale » qui empêche les inégalités de freiner la croissance.
B) PRESENTATION DE TROIS THEORIES CONCERNANT
Nous allons maintenant nous intéresser à différentes théories concernant la relation entre inégalités et croissance économique.
De nombreuses théories proposent des points de vue très différents concernant l’impact d’un fort taux d’inégalités sur la croissance économique d’un pays.
Nous allons tout particulièrement nous intéresser à trois d’entre elles, celle de Friedrich Hayek, John Keynes et Simon Kuznet.
a)
Le point de vue de Hayek
F.A Von Hayek pense que les inégalités agissent comme des « signaux de marché » et permettent d’orienter la production vers les secteurs qui font l’objet de la plus forte demande. Suite à des processus d’essais et d’erreurs, le marché améliore le sort de tous, même si certains sont défavorisés ; mais, ce faisant, ceux-ci apportent une contribution à la société en montrant ce qu’il ne faut pas faire.
Plus généralement, les économistes libéraux reprennent des arguments communs : les inégalités incitent les plus démunis à travailler davantage en ce sens qu’ils convoitent ce que possèdent les autres ; de plus, les personnes qui disposent de hauts revenus ont un taux d’épargne élevé ce qui permet de financer les investissements nécessaires à la croissance même si ces derniers ne consomment pas directement.
Pour Hayek, les inégalités sont justes si elles permettent
une maximisation du bien - être collectif. Il faut inciter les plus productifs
car plus ils le seront et mieux tout le monde se portera. Il faut donc laisser
faire le marché et ainsi la justice sociale, pour lui, est injustifiée.
b) La théorie keynesienne
Selon Keynes, il existe une loi psychologique concernant l’existence d’inégalités. Pour lui
s’il y a inégalités, c’est parce que les riches deviennent plus riches et les
pauvres plus pauvres donc l'économie dégage plus épargne et on consomme moins (
ce sont les pauvres qui consomment ) donc il y a une baisse de la croissance.
Keynes a toujours milité pour la réduction des inégalités, notamment grâce aux impôts sur le revenu et sur l'héritage: en transférant des revenus des riches vers les pauvres, on les transfère de la classe sociale qui épargne vers celle qui consomme. Puisque dans la logique keynésienne, l'épargne est considérée comme une fuite, ce processus de redistribution trouve à la fois une justification économique et une caution morale. Ce raisonnement suppose donc que l'inégalité des revenus est forcément injuste.
Si Keynes justifie une certaine dose d’inégalité pour
stimuler l’activité économique, il conclut cependant que "pour stimuler
ces activités et satisfaire ces penchants [à l’enrichissement personnel], il
n’est pas nécessaire que la partie se joue avec des mises aussi élevées
qu’aujourd’hui. Avec des mises beaucoup plus faibles le jeu serait tout aussi
efficace dès lors que les joueurs en auraient pris l’habitude".
Keynes stigmatise d’ailleurs les inégalités de la société de son époque : « on peut justifier par des raisons sociales et psychologiques de notables inégalités dans les revenus et les fortunes, mais non une amplitude aussi grande qu’à l’heure actuelle »
Cet économiste considère que la propension à consommer est d'autant plus importante que les revenus sont faibles (loi psychologique de Keynes). Ainsi, la croissance stimulée par la demande sera d'autant plus soutenue que la politique des revenus encourage la hausse des bas salaires (réductions des inégalités). On peut trouver ici un argument de l'instauration et de la politique de hausse du SMIC par exemple.

Les économistes d’inspiration keynésienne estiment donc que les inégalités sont frein à la croissance, ils diminuent la consommation pour les ménages dont le revenu est insuffisant, et par-là même réduisent la croissance, ce qui provoque du chômage. Ce cercle vicieux doit être rompu par l’intervention de l’Etat qui doit initier une fonction régulatrice de redistribution.
c)
La théorie
de Kuznet
Dans le sens inverse, pour Kuznet, la croissance économique est un facteur de réduction des inégalités.
En effet, pour lui la relation entre PNB/hab et inégalité aurait une forme de U inversé. A faible niveau de PNB/hab, lorsque le revenu par habitant augmente, l’inégalité augmente puis elle diminue.
Pour lui une inégalité élevée dans les premières phases de développement serait un prix à payer, de façon temporaire, pour se développer.
Au départ, la
croissance économique entraîne une hausse des inégalités puis, passé un certain
seuil, les inégalités doivent baisser grâce à un transfert de main d’ œuvre. Le
secteur à faible productivité se déverse dans le secteur à forte productivité.
Et selon Kuznets, c’ est ce transfert de population qui entraîne cette hausse
des inégalités. De plus, il y a de plus en plus de secteurs à forte
productivité ( progrès technique ) donc cela permet d’ augmenter les revenus il
y a dès lors une baisse des inégalités de revenus.

Pour les pays
du sud qui sont dans la première phase, on devrait donc assister à une hausse
des inégalités. Pour les pays riches qui sont dans la deuxième phase, on devrait
assister à une baisse des inégalités.

Ce graphique illustre donc la
théorie de Kuznet. Il présente deux phases, on voit sur la première que dans
les pays les plus pauvres, plus le PNB par habitant augmente plus le taux
d’inégalités est élevé. Puis, passé un certain seuil de niveau du PNB, lorsque
l’on se rapproche des pays dits « riches », l’augmentation du PNB par
habitant entraîne une baisse des inégalités.
Les inégalités ont donc des conséquences sur la
croissance économique. On pourrait donc penser qu’une certaine dose
d’inégalités est utile dans nos sociétés pour favoriser la croissance. On voit
aussi qu’en ce qui concerne les pays en voie de développement, un taux élevé
d’inégalités est une étape à passer pour ensuite atteindre un PNB par habitant
plus important et ainsi réduire les inégalités et améliorer le sort des plus
démunis. Mais il se pose dès lors un problème moral, peut-on réellement
justifier même un « taux moyen » d’inégalités ?
CONCLUSION
Tout au long de ce TPE, nous avons pu constater que les inégalités sociales avaient de nombreuses conséquences d’un point de vue économique et social. Elles ont, dans un premier temps, un impact sur l’augmentation du taux de violence présent dans nos sociétés actuelles mais elles influencent aussi le taux de participation électorale. Elles ont, dans un deuxième temps, un impact sue la croissance économique. Comme on a pu le constaté, elles favorisent, à un certain degrés, la croissance mais un taux trop important d’inégalités peut aussi être un handicap pour cette dernière. Nous avons donc pu remarquer que ces statistiques permettait de dégager une tendance en ce qui concerne chacun des domaines que nous avons pu observer.
En effet, bien que d’après nos statistiques le coefficient
de détermination R2 soit toujours assez faible, on peut tout de même remarquer
une certaine continuité dans l’observation de ces différents phénomènes. Cela
peut permettre de vérifier l’impact de décisions politiques visant à réduire
les inégalités dans un pays par exemple. Ainsi cela permettrait de trouver un
certain équilibre entre un degré de cohésion sociale suffisant pour atteindre
un taux de violence peu élevé mais qui permettrait aussi de favoriser la
croissance.
Ce TPE pose donc un problème moral concernant les
inégalités. En effet, il semblerait qu’une « certaine dose
d’inégalités » soit favorable à la croissance et au développement des pays
mais cela entre en contradiction avec les politiques actuelles, menées par
exemple en France, qui prônent l’égalité pour tous. Car, bien que les
inégalités aient des conséquences économiques, il s’agit tout d’abord d’un
problème sociale auquel il faut trouver une solution. Dès lors ce pose la
question de la justification des inégalités. En effet, comme l’a montré John
Rawls, certaines inégalités sont justifiables. On peut penser que certaines
d’entre elles peuvent permettre aux membres les plus pauvres d’une société
d’acquérir une situation meilleure que dans un système égalitaire. Mais il est
difficile de pouvoir vraiment trouver la frontière entre les inégalité
acceptables car elles permettent d’améliorer le sort de tous et les autres, qui
ne profitent qu’à une seule catégorie d’individus.