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Le taux de chômage américain peut être cité en exemple par opposition avec la situation en France (5% à comparer avec le taux français deux fois plus élevé). Cette bonne performance américaine en temps normal est généralement attribuée à la flexibilité du travail aux Etats-Unis. La flexibilité est la capacité des entreprises à s’adapter aux évolutions de leur environnement économique, c’est-à-dire à la concurrence qu’elles subissent et aux fluctuations de la demande pour leurs produits. La flexibilité du travail concerne spécifiquement les adaptations de l’utilisation de la force de travail, et elle peut prendre plusieurs formes : flexibilité quantitative externe lorsque les entreprises font varier les effectifs employés, par des licenciements, des embauches d’intérimaires ou de salariés en contrat à durée déterminée, flexibilité quantitative interne lorsqu’elles préfèrent moduler les horaires de travail en conservant les mêmes effectifs, flexibilité salariale lorsqu’elles font varier le niveau des rémunérations, flexibilité fonctionnelle lorsqu’elles adaptent la qualification et l’affectation des travailleurs aux contraintes de la production, externalisation lorsqu’elles abandonnent certaines tâches de production pour les confier à des entreprises sous-traitantes ou à des travailleurs indépendants. L’augmentation de la flexibilité du travail offre-t-elle effectivement une solution face au problème du chômage, et n’a-t-elle que des avantages ?

1/ La flexibilité du travail offre aux entreprises des possibilités d’adaptation qui sont théoriquement favorables à l’emploi et à l’insertion des individus


 a) Comment la flexibilité du travail aide-t-elle à affronter les évolutions de la concurrence et des consommateurs ?

La flexibilité du travail permet d’adapter plus facilement la production aux fluctuations de la demande, en ayant recours à un volume d’heures de travail plus important dans les périodes où les ventes de l’entreprise s’accroissent, et en diminuant ce volume dans les périodes plus difficiles.

La flexibilité favorise aussi l’adaptation aux contraintes de compétitivité créées par la concurrence. Lorsque la baisse des prix de vente constitue un facteur important pour maintenir ou accroître les parts de marché de l’entreprise, l’ajustement des coûts salariaux grâce à la flexibilité du travail est un moyen de diminuer les coûts de production, donc les prix proposés aux clients.


 b) Quels arguments permettent d’évoquer un moindre risque de chômage et d’exclusion grâce à la flexibilité du travail ?

D’après un raisonnement inspiré par la théorie économique classique, la flexibilité du travail est favorable à l’emploi car elle limite les contraintes qui accroissent le coût du travail et peuvent dissuader un entrepreneur d’embaucher, notamment : - le risque d’avoir à verser des indemnité élevées en cas de licenciement, risque dont l’estimation entre en compte dans le coût du travail; - les contraintes de durée hebdomadaire légale du travail;  - l’existence d’un niveau minimum de rémunération...

Les stages ou les contrats à durée déterminée (CDD) sont parfois considérés comme une étape avant l’embauche en contrat à durée indéterminée (CDI). Ils favoriseraient ainsi l’insertion professionnelle et sociale de certaines catégories de la population comme les jeunes, limitant leur installation dans des situations d’exclusion ou de d’assistance.


2/ La flexibilité externe du travail, qui est la forme la plus répandue, a cependant des inconvénients qui incitent à privilégier davantage la flexibilité interne et la flexibilité fonctionnelle


 a) Pourquoi l’effet positif sur l’emploi de la flexibilité externe est-il loin d’être assuré, d’un point de vue keynésien ?

Les emplois précaires ne jouent qu’assez marginalement le rôle de porte d’accès à un emploi stable. Les enquêtes « Génération » du Cereq ont fait apparaître que moins d’un quart des jeunes diplômés recrutés avec un contrat de travail précaire, à la fin de leurs études, se trouvaient en CDI dans la même entreprise trois ans plus tard. Le développement de ce type d’emplois renforce donc davantage les inégalités sociales qu’il ne contribue à les réduire.

En outre, l’augmentation du nombre d’emplois précaires n’est pas favorable à un fort dynamisme de la consommation. L’incertitude des travailleurs précaires sur leurs revenus futurs les incite à privilégier davantage l’épargne. Or la croissance de la production, donc du nombre d’emplois, dépend assez largement de l’évolution de la consommation.


 b) Quels avantages peuvent conduire à privilégier les formes internes de flexibilité, notamment la flexibilité fonctionnelle ?

La flexibilité interne du travail, grâce à la modulation des horaires notamment, ainsi que la flexibilité fonctionnelle, grâce à la polyvalence des travailleurs et à l'adaptation de leurs qualifications par la formation continue, permettent de faire face aux évolutions de la demande et de la concurrence : - sans entretenir des situations de précarité nuisibles à la consommation et donc à la croissance économique en général, - et sans perdre le savoir-faire accumulé par les salariés dans l'entreprise.

Ces formes sont moins utilisées en France que dans d'autres pays, comme les Pays-Bas où le travail à temps partiel est largement utilisé, ou encore la Suède et le Japon dont les entreprises ont développé la flexibilité fonctionnelle. Dans ces trois pays, le taux de chômage est notablement inférieur à celui de la France.


Conclusion   La flexibilité du travail peut être par conséquent une arme dans la lutte contre le chômage, mais elle ne constitue pas une panacée et toutes ses formes n’ont pas les mêmes avantages. Dans le cas des Etats-Unis en particulier, le recours massif à la flexibilité externe et aux emplois précaires se traduit par une proportion importante d’américains qui vivent sans protection sociale et avec des revenus très faibles, même lorsqu’ils travaillent. Cela incite à rappeler que l’emploi ne constitue pas une fin en soi. Vaut-il mieux vivre dans une société marquée par un fort taux de chômage, associé à une bonne protection sociale et à un niveau minimum de revenu, ou dans un pays en situation de quasi-plein emploi mais au prix d’une forte proportion de travailleurs pauvres et mal soignés ?