L'inégalité des positions sociales entre hommes et femmes a-t-elle tendance à disparaître ?


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Depuis la « loi sur la parité » votée en France en 2000, les listes de candidats présentés par les partis politiques aux élections municipales, régionales et européennes, doivent comporter en alternance un nom d’homme et un nom de femme autant de fois qu’il y a de postes à pourvoir. Les partis qui ne le font pas sont pénalisés financièrement. Ces listes dites « chabada » sont un exemple de mesure de discrimination positive. Leur but est de compenser l’inégalité de la représentation des femmes et des hommes parmi les élus français, où les femmes politiques sont relativement peu nombreuses. Cela montre, s’il en était besoin, que la question de l’égalité des positions des hommes et des femmes dans les différentes hiérarchies sociales continue à poser problème, malgré les progrès qui ont été réalisés au XXe siècle.

1/ L’évolution des mentalités au XX° siècle a eu pour effet de réduire l’écart entre les hommes et les femmes sur les différentes échelles sociales


 a) Comment les mentalités et les normes juridiques ont évolué dans un sens plus favorable aux femmes au XXème siècle ?

Plusieurs évolutions juridiques ont favorisé ce que l’on a appelé la libération des femmes au XXe siècle. Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944. Deux en plus tard, le principe d’égalité juridique des hommes et des femmes a été inscrit dans le préambule de la constitution française de la IVe République, qui a été repris par la constitution de la Ve République en 1958. Enfin, au cours des années 70, l’assouplissement de la législation sur les divorces et la légalisation de l’avortement précoce ont contribué à réduire la dépendance des femmes à l’égard des hommes.

Le droit s’est ainsi adapté à une évolution des mentalités qui s’inscrit dans la tendance générale à l’égalisation des conditions analysée par Tocqueville. L’inégalité dans les relations hommes/femmes est devenue d’autant moins supportable au fur et à mesure que les autres inégalités sociales avaient tendance à s’estomper dans notre société démocratique.


 b) Comment a évolué le statut des femmes au sein des hiérarchies sociales du revenu et du prestige ?

La progression des taux d’activité féminine a élevé les femmes dans la hiérarchie économique des revenus et les a rendu ainsi moins dépendantes de leurs époux. Quelques chiffres : taux d’activité féminin de l’ordre de 40% en 1960, de l’ordre de 80% aujourd’hui entre 25 et 55 ans. Ce phénomène a été favorisé par la tertiarisation d’économie, compte tenu des types d’emplois occupés par les femmes.

L’accès des femmes aux diplômes et au savoir a contribué à cette progression des taux d’activité et les a élevées également dans la hiérarchie du prestige social. La proportion de filles est devenue plus importante que celle des garçons parmi les lauréats du baccalauréat à partir de 1964.


2/ Toutefois l’égalité des positions sociales des hommes et des femmes a encore des progrès à faire


 a) Quels exemples montrent que la différenciation des rôles sociaux entre hommes et femmes est restée importante ?

L’accès au travail ou au diplôme ne signifie pas l’accès aux mêmes emplois ni aux mêmes diplômes : les filles demeurent minoritaires dans les filières scolaires et universitaires scientifiques, les emplois féminins sont plus souvent des emplois tertiaires (postes dans l’éducation, la santé, l’administration) que dans le cas des hommes. La différenciation des rôles reste également importante dans la sphère domestique : dans les 3/4 des ménages, l’homme consacre plus de temps au bricolage et la femme plus de temps à laver le linge. Au total selon l’INSEE, les femmes ont consacré en 2010 davantage de temps aux tâches ménagères et parentales : 3h par jour contre 1h45 pour les hommes. Mais cela évolue, lentement : la précédente étude en 1999, faisait apparaître 3h30 contre 1h50.

 b) Quelles inégalités de revenus et de pouvoir politique découlent encore de la différenciation des rôles masculins et féminins ?

Inégalité dans les revenus et dans l’accès à l’emploi. Le salaire des hommes est en moyenne plus élevé quelles que soient les PCS (20% dans le cas des cadres en 2014 d’après l’INSEE). Cette inégalité très forte repose sur des préjugés. Ainsi aux yeux des couples, le revenu de l’épouse joue encore souvent un rôle d’appoint, ou d’assurance. Chez les chefs d’entreprise, l’idée est répandue que les femmes privilégieraient leur vie familiale sur leur vie professionnelle. Inégalité dans l’accès aux fonctions politiques. Aux élections législatives de 2017, 223 femmes ont été élues sur un total de 577 députés. Cela représente un peu moins de 39% mais c’est déjà un record historique. Aux élections précédentes de 2012, elles étaient seulement 27%. Le soutien des grands partis à la candidature de leurs députés sortants, qui étaient plus souvent des hommes, ne suffit pas à expliquer le maintien de cette inégalité. Elle découle aussi de la persistance de l’image qui associe les hommes à l’exercice des fonctions de direction, du pouvoir.

Conclusion   L’inégalité des positions sociales des femmes et des hommes s’est donc réduite mais elle reste assez forte en France, aussi bien au sein des familles, dans le domaine professionnel, et dans l’accès aux fonctions politiques. Pourtant des pays ont progressé plus vite vers l’égalisation des positions sociales des hommes et des femmes. En Suède par exemple, environ 45% des députés sont des femmes. Il serait donc intéressant d’étudier l’influence des facteurs culturels sur le rythme de réduction des inégalités entre les hommes et les femmes.