LE TRAVAIL ASSURE-T-IL TOUJOURS LA COHESION SOCIALE ?

 

Intro -  Le taux de chômage français est de l'ordre de 10% en 2012, ce qui signifie que les chômeurs représentent environ 10% de la population active en France. Depuis la fin des Trente Glorieuses, au milieu des années 70, le chômage a nettement augmenté à cause du ralentissement de la croissance : les taux de croissance du PIB sont certes restés positifs, mais leur niveau moyen est passé d’environ 5% à 2%. Cela conduit à envisager le chômage comme un problème essentiellement économique, dont la solution nécessiterait avant tout de trouver les moyens d’accélérer la croissance. Mais le chômage n’est-il pas d’abord un problème social ? Le travail, c’est-à-dire la participation à l’activité productive en échange de revenus, n’est-ce pas ce qui peut rendre les individus solidaires, autrement dit ce qui assure la cohésion sociale ? Le problème posé par le chômage aujourd’hui, n’est-ce pas ainsi qu’il fragiliserait les liens sociaux, ce qui pourrait justifier d’y chercher des réponses ailleurs que dans le domaine économique ?

 

I.- Le travail conduit les individus à coopérer et à se situer les uns par rapport aux autres

 

A) Selon Durkheim la solidarité sociale repose sur la division du travail

 

1. La "solidarité mécanique" (définition...) n'est pas adaptée aux sociétés nombreuses.

2. L'autre forme de solidarité possible, la "solidarité organique", repose sur la division du travail (explication...)

 

B) Le travail contribue à l'identification des individus les uns par rapport aux autres

 

1. Les individus sont reconnus socialement notamment en fonction de leur profession (on "est" boulanger, chercheur, enseignant, chef d'entreprise, agriculteur, ouvrier, employé...)

 

2. Les revenus du travail donnent accès à la consommation, autre facteur de positionnement social (on "est" un de ceux qui roulent en Mercedes, ou qui portent telle marque de chaussures de sport, etc...)

 

II.- Malgré les conséquences négatives de la montée du chômage, le travail reste en tête des facteurs de la cohésion sociale

 

A) La montée du chômage remet partiellement en cause la solidarité sociale

 

1. Elle est un facteur d'anomie (définition...) : exclusion/perte d'identité de certains individus,  montée de la délinquance de quartier / de la déviance en général...

 

2. Elle peut constituer un facteur de conflits sociaux (ex. émeutes urbaines de l’automne 2005)

 

B) Toutefois le travail reste le pilier principal de l'intégration sociale

 

1. Il est vrai que l'entourage familial et amical joue aussi un rôle important qui évite souvent l'exclusion des chômeurs de longue durée

 

2. Mais "la fin du travail" et son remplacement par "l'activité" (bénévolat associatif, services à la famille...) en tant que facteur principal d'intégration sociale n'est pas pour demain (le progrès technique a encore du chemin à faire...)

 

Concl -  C’est toujours le travail, essentiellement, qui assure la cohésion sociale dans notre société, et c'est d'ailleurs ce qui rend le niveau du chômage préoccupant. Le risque d'anomie existe dans une partie de la société française, dont les membres ont du mal à suivre les règles communes, à s’identifier une conscience collective, parce qu’ils ne participent pas à la vie sociale professionnelle et n’en tirent pas les revenus nécessaires pour suivre les normes de consommation. Face à ce problème, il n’est donc pas certain que la solution relève principalement de la science économique. Peut-on espérer faire disparaître le chômage grâce à des interventions dans le fonctionnement de l’économie, comme par exemple des tentatives de stimulation de la demande ? Ne doit-on pas plutôt trouver le moyen de renforcer les facteurs de cohésion sociale autres que le travail, comme le préconise Dominique Méda dans son ouvrage « La Fin du Travail » ?